La tolérance est importante et nécessaire. Pourtant elle recèle aussi un piège qu’il faut garder à l’esprit pour ne pas tomber dedans.
Tolérance

On entend beaucoup parler de tolérance ces dernières années.
Le Larousse la définit comme suit :
Attitude de quelqu’un qui admet chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres.
La tolérance porte en elle l’indulgence.
Par principe on n’accepte pas certaines choses et pourtant, on peut être amené à les tolérer pour bien vivre ensemble en société.
Parce qu’on est tous plus ou moins différents.
Qu’on peut se sentir pas normal, bizarre.
Ou penser ça des autres
Donc la tolérance est nécessaire.
On va tolérer certains comportements de la part d’enfants qu’on n’accepterait pas venant d’adultes.
Et vice versa.
Ou bien refuser de tolérer certaines choses de notre entourage, mais pas d’étrangers.
Ou vice versa.
La tolérance est toute personnelle.
Mais aussi commune.
Elle se traduit dans le degrés d’acceptation général d’une société qui peut se retrouver dans la loi.
Tous les pays ne sont pas tolérants au même degré et selon les domaines.
Comme en matière de mœurs.
Pourtant si la tolérance est indispensable, elle ne va pas sans poser de souci.
[Dans cette vidéo je donne plus d’exemples concrets que dans l’article]

Tolérer oui mais jusqu’à quel point ?
Tolérer c’est supporter, c’est-à-dire se faire une forme de violence plus ou moins importante face à quelque chose que l’on considérerait normalement comme inacceptable.
Le problème survient lorsque l’on tolère trop.
Comme une femme qui tolère que son mari la frappe et l’insulte, encore et encore.
Normalement ce n’est pas tolérable.
Mais là, la femme fait preuve de tolérance, trouve des excuses pour tout un tas de raison.
Plus votre estime de vous-même est faible, plus vous aurez tendance à tolérer ce qui ne doit pas l’être.
À faire passer pour de la tolérance ce qui est en réalité inacceptable et vous nuit.
Plus une personne a un niveau d’estime bas, plus elle va ressentir comme une obligation de tolérer ce qu’elle sait au font être intolérable.
C’est évidemment néfaste pour son bien-être.
C’est se manquer de respect.
Donc la question n’est pas de dire qu’il faut de la tolérance à tout prix ou aucune tolérance.
Mais toute la question est de savoir où positionner le curseur de la tolérance.
Tolérance : attention au piège
Tout est une question d’équilibre dans la vie.
Il en va de même pour la tolérance : il faut déterminer les coûts et les bénéfices de tolérer telle ou telle chose.
Parce que la tolérance a un prix.
Qui peut parfois être trop important.
Et le piège est de tomber dans la tolérance qui tue la tolérance, qui enjoint à accepter parfois le plus absurde, le mal, qui détruit la cohésion d’une société.
- La tolérance s’arrête là où la liberté de l’autre commence
Des figures d’autorité enjoignent de plus en plus la société à tolérer ce qu’elle ne souhaite pas, ce avec quoi elle n’est pas d’accord.
Au point de devoir la pousser à se plier à certains propos et actes qui vont à l’encontre de ses valeurs.
Sous couvert de tolérance, on encourage.
Sous couvert de tolérance, on accepte de certaines personnes des choses qu’on n’autorise pas à d’autres.
Parce qu’il faut être indulgent.
Mais jusqu’à quel point ?
On montre du doigt ceux qui ne se conforment pas à la doxa du moment.
Ceux qui tolèrent que les autres vivent leur vie de la façon qu’ils le souhaitent.
Mais ne veulent pas qu’on leur impose pour autant.
- Être tolérant ce n’est pas être obligé d’être d’accord ni de dire amen à tout et n’importe qui
Pourtant ces dernières années on pousse la population à approuver des choses qui ne sont pas dans sa culture, dans ses mœurs, dans ses valeurs.
Qui sont contraires aux libertés et droits dont elle jouissait jusque là.
La fenêtre d’Overton
C’est au point que des figures d’autorité vont stigmatiser à outrance des personnes considérées jusqu’à présent comme de bons citoyens.
Parce qu’ils ne tolèrent pas pas que l’on touche à des pans de leur vie, à des droits qui jusqu’ici étaient les leurs, à leur liberté d’expression, de choix, de vie.
Et généralement ce sont ceux qui se positionnent le plus comme chantre de la tolérance qui tiennent eux-mêmes des propos hautement intolérants à l’encontre de ceux qui ne sont pas d’accord avec eux.
Au point de pousser à la censure, au bannissement, à l’enfermement de certains qui ne commettent rien d’irrépréhensible en soi.
Si ce n’est d’oser exprimer un avis contraire à eux.
On en vient ainsi, petit à petit mais avec une forte accélération ces derniers temps, à un déplacement de la fenêtre d’Overton qui est d’après Wikipedia :
une allégorie qui situe l’ensemble des idées, opinions ou pratiques considérées comme plus ou moins acceptables dans l’opinion publique d’une société
Ce sont généralement les figures d’autorité, les personnes qui ont de l’influence qui font bouger la fenêtre d’Overton.
Ainsi ce qui était inacceptable peut devenir plus ou moins rapidement acceptable.
Le déplacement de la fenêtre d’Overton n’est pas en soi mauvais.
C’est comme ça que se font les avancées sociales.
Le problème surgit lorsque ce déplacement va à l’encontre des souhaits, valeurs, culture de la société.
On lui dit que c’est ça maintenant qu’il est bon de penser et de faire.
Mais vous n’avez pas à accepter ni à vous conformer.
Ce n’est pas parce qu’on vous traite d’intolérant que vous l’êtes nécessairement.
Votre vérité a droit de citer.
Ne vous laissez pas embarquer sans réfléchir pour tolérer parce que la tolérance c’est bien.
Pensez aux conséquences pour vous, vos proches, vos enfants, la société.
Poser des limites et fixer des contraintes est aussi nécessaire que la tolérance.
Mais vous ne devez pas accepter l’inacceptable ou le mal sous prétexte de tolérance.
D’où l’importance d’une bonne colonne vertébrale intérieure qui dépend notamment du bois dans lequel vous êtes fait.
Et vous, pensez-vous accepter l’inacceptable pour ne pas être qualifié d’intolérant ? Quel(s) déplacement(s) de la fenêtre d’Overton avez-vous remarqué ces dernières années ? Partagez dans les commentaires ci-dessous 🙂
La tolérance est indispensable pour bien vivre ensemble, en société. Pourtant elle n’est pas sans risque. Poussée à l’extrême, la tolérance est un piège qui, paradoxalement, pousse à l’intolérance et à ne pas tolérer ceux qui ne tolèrent pas tout et n’importe quoi.
Attention à tout ce que l’on vous fait passer pour « c’est comme ça maintenant ».
Ce n’est pas parce que des figures d’autorité le disent qu’elles sont majoritaires à penser de la sorte.
Elles agissent pour déplacer la fenêtre d’Overton, pour rendre acceptable ce qui ne l’était pas jusqu’à présent.
Cela peut mener à des conquêtes sociales. Mais également à accepter ce qui est contraire aux valeurs de beaucoup, au bon sens commun, à l’intérêt de la population. Ce qui peut conduire à un bouleversement sociétal majeur qui détruit les fondements même de la société. Et à tolérer, paradoxalement, qu’on retire des droits et libertés.
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